Bonheur

En un mot : ne lisez pas ça. Ou alors si vraiment c'est un univers qui vous donne envie, ne l'achetez pas, donnez pas de thune à ce mec sérieusement. Le livre transpire la transphobie et l'homophobie.

C'est dommage parce que l'univers est très intéressant, vraiment. C'est une dystopie ultra-libérale où tout à été assujettit au marché : prisons, polices, sponsors de vie (dont la marque remplace votre nom), guerres de gangs, guerres tout court aussi, personnes, etc. De même, les progrès techniques sont tels que on y croise autant des cyborgs que des furries, des moreaus (des animaux évolués un peu à la manière de la planètes des singes), des transhumains, et autres.

C'est très cool comme univers, mais l'histoire n'a pas de fin. Juste, ça ne se termine pas, ni l'enquête, ni les personnages, rien. C'est sensé être une trilogie, mais une trilogie non connectée, qui peut se lire dans n'importe quel ordre. Hors, là, j'ai pas un bouquin complet, que ça soit seul ou dans un cycle. Sans parler de la structure de certains passages, notamment des dialogues qui sont à la ramasse, même si ça semble être fait plus ou moins exprès. Sans parler le fait que lorsqu'un netrunner parle, on voit bien que l'auteur n'a pas la moindre idée de ce dont il parle et balance des mots au hasard en espérant faire mouche pour donner un personnage qui semble être un expert informatique (spoiler, ça ne fonctionne pas du tout, pas un instant).

De plus, la transphobie qui transpire de partout, de tous les personnages qui en parle comme du narrateur lui-même, même lorsque c'est de manière détournée (par exemple, une personne qui se sent et s'identifie comme une personne de 30 ans, c'est pas détonant dans l'univers mais on comprends clairement qu'il parle en réalité des personnes transgenres de notre univers à nous).

De même une bonne dose de pan/biphobie sur la fin : on a un seul et unique personnage pan dans de roman (et un gay mais il n'est présent que deux paragraphes sur 370 pages et c'est pour faire une blague sur la sodomie et la bite). Ce personnage pan est une femme, parce que c'est moins choquant qu'un mec pan bien sûr (on peut avoir l'impression que je fais un procès d'intention. c'est le cas, mais avec tout ce qu'il y a autour je ne peux pas faire autrement.) Bref, ce personnage baise avec TOUT LE MONDE. Elle a demandé à tous les autres perso avec lesquels elle a parlé en moins de quatre lignes à chaque fois, elle a même une liste d'attente dans le commissariat où elle travaille. Ça donne lieu à une petite séance d'essentialisation sur la bite aussi, ça fait toujours plaisir et c'est gratuit. En dehors de ces deux personnages, tous ceux qui ont une sexualité sont hétéros. J'ai pas compté mais ont en a quand même plus d'une quinzaine je pense.

Ensuite, on a le « philosophe » qui est sensé porter un coup à cette société dégénérée qui dit texto « j'aimerais parler aux Hommes. mais il n'y en a plus, il n'y a plus que des transgenres, des transhumains, des furry[…] ». Ici donc les personnes transgenres ne sont juste pas humaines. Et ça vient d'un personnage qui va contre la dystopie, d'autant plus un philosophe et une IA des plus sophistiquées, donc un personnage qui est présenté de manière on ne peut plus positive, un genre de messie. Ce n'est pas le seul passage problématique sur les trans mais c'est l'exemple le plus éloquent.

En dehors de ça, je n'ai pas la moindre empathie pour aucun des personnages présentés, en particulier pour le personnage principal qui viole et bat sa femme (qui est un robot en réalité, mais il prend plaisir à faire ça.) Et c'est très difficile de suivre un personnage qui est juste un connard, qui n'a aucune forme de but, de morale, ni même d'empathie. Pourtant j'aime beaucoup suivre des méchants, des super-vilains, et autres, mais il faut que j'ai un minimum de sympathie pour eux, qu'ils aient un but, des sentiments ou un passé qui explique ce qu'ils sont devenus. Là non, c'est juste un connard fini parce que c'est comme ça, c'est la société.

En résumé, ce livre est une merde sans nom. Et c'est pas les seuls problèmes, je parle pas de l'espèce de voyeurisme sur les scènes de violence ou de viol. Si vous aimez cet univers, piratez le bouquin et reprenez l'univers à votre sauce. Et surtout, n'oubliez pas de chier sur l'auteur et sur la merde qu'il a écrit, parce que ça ne vaut pas plus que ça.

Le 8 Ventôse 228.

Licence Creative Commons

Accueil Retour